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Narratologies contemporaines. Personnages, sujets, acteurs, avatars, êtres : qui habite le récit ? (Année universitaire 2011/2012)

Mardi 3 janvier 2012 : Karin Kukkonen (St John's College, Oxford) : « Masks, Faces and Fictional Minds: Reading for Character in the 18th Century »

Resumé :

Mon intervention traite des mascarades dans le roman anglais du XVIIIe siècle, phénomène fréquent à cette époque. Jusque-là, la mascarade figurait comme catalyseur de l’histoire, avec ses rencontres inattendues et ses subversions sociales. Je soutiens que la mascarade à cette époque sert principalement à favoriser le développement des techniques de la caractérisation des personnages romanesques. Au début du siècle, Fantomina et The Masqueraders de Eliza Haywood et Roxana de Daniel Defoe posent comme problème ce que pensent les autres dans la mascarade ainsi que les jeux sociaux qui se déroulent autour de la mascarade. De cette façon, ces romanciers introduisent au sein de la fiction romanesque ce que la théorie narrative des pays anglophones d’aujourd’hui appelle “fictional minds” (esprits fictionnels). Pendant la deuxième partie du siècle, Henry Fielding présente les actions des personnages dans ces jeux sociaux pour les doter de « caractère » et donc pour révéler les traits spécifiques des personnages. Mes exemples sont tirés de Tom Jones et de Amelia de Fielding ainsi que de Cecilia de Frances Burney. Ces romans présentent la dimension « incorporée » de ces stratégies sociales dans le but de faire ressurgir le caractère de leurs personnages.

Abstract :

My lecture deals with masquerades in the English novel of the 18th century, a frequent phenomenon during that period. Up to then, the masquerade was employed as a catalyst of the story, with its unexpected meetings and social subversions. I argue that masquerades at this time were used mainly for developing the techniques of characterisation of novelistic characters. Early in the century, Eliza Haywood’s Fantomina and The Masqueraders and Daniel Defoe’s Roxana pose the problem of what others think in the masquerade as well as that of the social games that take place around the masquerade. In this way, novelists introduce into novelistic fiction what narrative theory in the English-speaking world currently calls ‘fictional minds’. During the second part of the century, Henry Fielding portrayed the actions of characters in these social games so as to provide them with ‘character’ and thus to reveal the specific traits of characters. My examples are drawn from Fielding’s Tom Jones, but also from Frances Burney’s Cecilia, which present the ‘embodied’ dimension of these social strategies with the aim of bringing out the ‘character’ of their characters.

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dernière modification
27 février 2017 15h58