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Créé en février 2003 et officiellement reconnu depuis la rentrée universitaire de 2006, le séminaire « Recherches contemporaines en narratologie  » s’est rapidement imposé en France comme l’un des principaux lieux de réflexion transdisciplinaire pour l’étude de la théorie narrative. Né dans un contexte intellectuel de l’effacement relatif du paradigme structuraliste développé par quelques-uns des chercheurs fondateurs du CRAL (Claude Bremond, Gérard Genette, Louis Marin, Christian Metz, Tzvetan Todorov) et du renouveau de la discipline depuis les années 90 au niveau international, notamment en Allemagne, dans les pays nordiques, aux États-Unis et au Canada ou en Israël, le séminaire s’oriente désormais vers l’exploration du récit sous toutes ses formes. Lire la suite.


Séminaire « Recherches contemporaines en narratologie » : année universitaire 2019-2020/ Récits à l’épreuve du hasard

Organisateurs Philippe Roussin (CNRS, CRAL) avec Olivier Caïra (IUT Evry et EHESS), Anne Duprat (Université d’Amiens et IUF), Annick Louis (Université de Reims et CRAL),       John Pier (Université de Tours et CRAL).

Le séminaire se réunit tous les quinze jours, les 1er, 3e et 5e mardi du mois, de 15h à 17h, 96, boulevard Raspail – 75006 Paris / Salle Lombard

Récits à l’épreuve du hasard

Initialement fondée sur des modèles déterministes et clos, la narratologie s’intéresse depuis plusieurs années à des pratiques et à des œuvres plus ouvertes aux notions d’incertitude, d’incomplétude et d’inachèvement. Le hasard peut intervenir de deux manières : d’une part comme l’insertion délibérée d’un dispositif aléatoire dans le processus créatif (jets de dés, tirages de cartes…), d’autre part comme une source de « bruit » externe au travail narratif (santé de l’auteur, incidents éditoriaux…).

Un premier cycle de séances sera consacré aux articulations – souvent problématiques – entre les structures fondamentales du récit et la génération aléatoire de contenus narratifs (fragments textuels, personnages dotés de traits variables, effets engendrés par un jeu de simulation…). On étudiera différentes traditions qui ont fait du hasard une méthode d’enrichissement des œuvres et expériences de fiction.

La deuxième partie du séminaire portera sur le traitement narratif des événements imprévus, particulièrement repérable dans la production sérielle : roman-feuilleton, bande dessinée à suivre, fiction télévisée. Qu’il s’agisse d’un départ de comédien, d’un nouvel arbitrage budgétaire ou d’un changement de format éditorial, le matériau narratif absorbe et reflète les aléas de sa production. Ce traitement, qui peut relever d’une scénarisation adaptative ou de la pure improvisation, suppose une mise à l’épreuve constante des composantes du récit que la narratologie classique tenait pour stables : genres fictionnels, personnages, intrigues, péripéties, etc.

Narratives Put to the Test of Chance

Initially based on closed determinist models, narratology has more recently taken an interest in practices and works that are open to uncertainty, incompleteness and the failure to complete. There are two ways that chance can intervene: as the deliberate insertion of a random-generating device into the process of creation (throwing dice, drawing cards, etc.) or as a source of “noise” external to the narrative work (health of the author, editorial incidents, etc.).

A first cycle of sessions will be devoted to the articulation – often problematic – between the fundamental structures of narrative and the random generation of narrative contents (textual fragments, characters endowed with variable traits, effects brought about by a simulation game, etc.). Various traditions will be studied that have made of chance a method for enriching works and experiences of fiction.

The second part of the seminar will look into the narrative treatment of unforeseen events, found particularly in serial productions such as serial novels, serial comic strips, TV fictions. Whether this involves the departure of an actor, a new budget arbitration or a change in editorial format, the narrative material absorbs and reflects the hazards of production. Such developments, which can result from adapting the script or from pure improvisation, trigger a constant testing of the components of narrative that classical narratology took to be stable: fictional genres, characters, plots, peripeties, etc.


 

Mardi 5 novembre 2019

Anne Duprat (Université de Picardie Jules Verne et Institut Universitaire de France) -« In/out : le récit et l’aléa »

Mardi 19 novembre 2019

Sébastien Wit (Université de Picardie Jules Verne) -« Hasard superstitieux et poétique du récit »

Mardi 3 décembre 2019

Olivier Caïra (IUT Evry et EHESS) – « Hasard et interactivité dans les storygames »

Mardi 17 décembre 2019

John Pier – (Université de Tours et CRAL) -« Séries d’un autre genre : texte fermé, système ouvert »

Mardi 21 janvier 2020

Sarah Troche (Université de Lille) – « Mettre en récit le hasard : de l’accident à la méthode »

Mardi 4 février 2020

Demian Battaglia (CNRS et Institut de Neurosciences des Systèmes, Aix-Marseille Université) -« Raisonnements scientifiques à l’épreuve du hasard »

Mardi 3 mars 2020

Collectif Bruit et Sérialité

Mardi 17 mars

Daniel Ferrer – ITEM (ENS/CNRS) – « Accident et (récit de) genèse »

Mardi 31 mars 2020

Jan Baetens (Université de Leuven) – « Séquence narrative versus stase visuelle : le cas du ciné-roman-photo »

Mardi 21 avril 2020

Anaïs Goudmand – (Université de Lausanne) « Hasards de production et effets métaleptiques dans les séries télévisées »

Mardi 5 mai 2020

Réjane Hamus-Vallée – (Université d’Evry / Centre Pierre Naville) – « Le hasard gagne toujours. La chasse aux goofs au cinéma »

Mardi 19 mai 2020

Annick Louis – (Université de Reims et CRAL) – « Hasard, bruit et matérialité dans Buffy the Vampire Slayer »


ACTUALITÉS/OCTOBRE 2019

Colloque international – Poétique, esthétique et écriture : autour de l’œuvre de Gérard Genette – EHESS – PARIS – 24/25 OCTOBRE 2019

24 et 25 octobre 2019 – EHESS – Amphithéâtre Furet – 105 boulevard Raspail – 75006 Paris

Un colloque organisé par l’IRIS « Création, cognition, société » (PSL) et le CRAL (EHESS-CNRS) Coordinateurs : John Pier et Jean-Marie Schaeffer

Voir le programme détaillé

L’ambition de ce colloque est de commémorer l’œuvre unique de Gérard Genette qui s’étend sur plus de cinq décennies. Poéticien et initiateur de plusieurs courants d’une pensée littéraire innovante qui s’est déployée dans le monde entier, Genette a d’abord revisité la rhétorique classique pour la mettre au cœur du structuralisme littéraire dans les années 60 et 70. Son Figures III inaugure une méthode d’analyse du récit devenue incontournable et dont l’actualité ne se dément pas. Il a publié ensuite une série d’études pionnières explorant le langage poétique, la classification des genres, la paratextualité, la transtextualité, les littérarités constitutive et conditionnelle. Sa réflexion s’élargit encore dans les années 90 avec le passage de la poétique à l’esthétique, marqué par deux contributions majeures. Le dernier volet de l’œuvre de Genette réunit, dans cinq ouvrages de caractère autobiographique, pleins d’humour et d’ironie, un répertoire de souvenirs, d’épiphanies, de rêveries, de boutades et de digressions « composant un puzzle à ne pas recomposer ».

Les intervenants proposent au public un éclairage de l’œuvre de Genette en retraçant les multiples chemins de réflexion  et d’écriture d’un des hommes de lettres les plus marquants de ces dernières cinquante années.