Actualités narratologiques |

Actualités narratologiques 2012

Storytelling et tension narrative (publié le 30 mai 2012)

Appel à contribution

Dans le prolongement de la journée du 18 novembre 2011, « Du storytelling à la mise en récit des mondes sociaux : la révolution narrative a-t-elle eu lieu ? », les laboratoires I3M et LIRCES organisent une journée d’études sur « Storytelling et tension narrative ».

Reprenant le postulat de départ qui était que l'art de raconter des histoires (storytelling) s'étendait désormais aux domaines les plus variés et qu’aucune activité sociale ne semblait épargnée par cette mise en récit généralisée, cette seconde journée reste ouverte à toutes les disciplines.  Par ailleurs, la première étape a permis de mettre en lumière les relations assez étroites qu’il pouvait exister entre les analyses littéraire du récit et l’approche de l’objet storytelling. En ce sens, la problématique de la tension narrative, née dans les études littéraires, s’ouvrira cependant vers des approches pluridisciplinaires (notamment communicationnelles).

La thématique choisie invite donc les chercheurs à se pencher plus particulièrement sur les processus de construction narrative propres aux mises en récit à travers la notion de tension narrative, proposée par  Raphaël Baroni qui la définit comme « le phénomène qui survient lorsque l’interprète d’un récit est encouragé à attendre un dénouement, cette attente étant caractérisée par une anticipation teinté d’incertitude qui confère les traits passionnels à l’acte de réception. La tension narrative sera ainsi considérée comme un effet poétique qui structure le récit et l’on reconnaîtra en elle l’aspect dynamique ou la « force » de ce que l’on a coutume d’appeler une intrigue ». Ce pouvoir de l’intrigue questionne le phénomène du storytelling et amènera les chercheurs à s’interroger sur ce qui fait sa force. Il permet de dégager dès à présent quatre thématiques.

  • Comment les récits mobilisent les affects chez le récepteur, essentiellement à travers la construction des intrigues ? Il conviendra ici de définir si la notion d’intrigue doit  renvoyer à une analyse formelle qui s’appuierait essentiellement sur prototypes narratifs ou bien si sa dimension thématique, sa position dans le registre des discours, sa relation avec la sphère de production conditionne elle aussi sa réception.

  • Quelles sont les relations entre la tension narrative et les compétences du récepteur ? Comment les différents publics mobilisent des savoirs narratifs en fonction de l’intrigue proposée, de leur situation de réception et des compétences culturelles requises.

  • Quelles sont les fonctions thymiques du récit ? Si en littérature, le suspense, la curiosité et la surprise jouent un rôle essentiel dans la création de la tension narrative, ne doit-on pas aussi envisager la dimension cathartique des récits ?

  • Dans quelle mesure la narrativité est-elle tributaire de valeurs et de contenus (conscients et inconscients) qui la sous-tendent et dont l’intrigue assure la représentation ? En revisitant une des problématiques de la première journée d’études, doit-on simplement voir dans la tension narrative les engrenages de la narrativité, que les individus sont conduits à reconnaître sans réelle capacité de distanciation et de discernement, ou bien au contraire, doit-on considérer, à l’instar d’une bonne partie de la théorie de la réception, que tout récit, même « mal intentionné » n’est jamais complètement aliénant, et que la lecture, comme l’écriture, peut aussi être émancipatrice, malgré des constructions narratives contraignantes ?

Les contributions proposées pourront s’organiser autour des deux axes suivants.

  • D’une part, au delà des frontières, sans doute un peu artificielles dans le cadre de cette thématique entre fictionnel et factuel, un premier axe pourra s’orienter vers les processus de production de la tension narrative. Par processus de production, il sera entendu tout phénomène influençant l’élaboration des schémas narratifs, comme par exemple, sans être exhaustifs, la formation des créateurs/auteurs, les contraintes imposées par les formats des récits ou les médias utilisés (littérature, presse, cinéma, jeux vidéos, textes pragmatiques, etc…).

  • D’autre part, les conditions de réception des récits doivent être appréhendées à partir d’une optique similaire. On pensera en particulier à l’adaptation du public en fonction de la nature du récit mais aussi de son émetteur, de même que la mobilisation de sa propre expérience narrative.

Les propositions de contribution devront comprendre un résumé d’une page, un très bref CV (1 page) et être adressées aux deux responsables avant le 10 septembre 2012.

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27 février 2017 15h58