Actualités narratologiques |

Actualités narratologiques 2010

Journée d’étude « Circulation des récits et intertextualité » (publié le 27 novembre 2010)

Jeudi 09 décembre 2010

Université Paris Descartes, 45 rue des Saints Pères, 75006 Paris

Salle des conférences R229 – Bâtiment principal

Programme de la journée

Cécile CANUT, Université Paris Descartes, laboratoire CePeD : La migration prise aux mots : récits et discours

Le projet de recherche intitulé : « La migration prise aux mots. Récits, circulation des imaginaires et dynamiques sociales dans les migrations ouest-africaines », s’inscrit dans une réflexion sur les notions utilisées pour parler de la mobilité, notamment en Afrique. À partir de matériaux très hétérogènes (recueil de récits, littérature, cinéma, radio, théâtre, etc.), il s’agit d’une part de donner la parole aux personnes concernées par les migrations Sud-Sud, et, d’autre part, de recontextualiser et réhistoriciser les formes de mobilités africaines. Loin d’être récentes, ces trajectoires plurielles existent depuis les récits de fondation et sont même l’objet d’investissements artistiques sans cesse renouvelés. Cette approche, par le langage et l’art, engage le chercheur à concevoir une anthropologie de la parole afin de considérer le déplacement autrement que du seul point de vue économique.

Christine DEPREZ, Université Paris Descartes, laboratoire CePeD : Intertextualité, interaction et performativité dans les récits de migration.

Les travaux de sociolinguistique ont introduit les conditions de production des récits oraux dans le cadre interactionnel qui lie le narrateur à son auditeur (ou auditoire) et les procédés « d’évaluation » qui maintiennent la tension narrative entre les deux. Un lien peut alors être fait avec « l’identité narrative » comme produit-construit des activités de mise en intrigue de l’expérience à l’usage d’un tiers. Il renvoie alors autant aux formes d’agentivité du récit (transmission, résistance, etc.) qu’à une certaine conception du sujet  dans ses mouvements .

Dans notre recherche, l’étude de la circulation des récits fait appel à l’intertextualité. La comparaison des récits permet de saisir les changements, les reprises, les formes d’hybridation, et leur confrontation les tensions et les dynamiques en cours, notamment à travers la multiplicité des voix qui s’y croisent.

Jean Didier URBAIN : Université Paris Descartes et laboratoire Cerlis : Récit et sémiotique de la culture.

 

  De l’anthropologie de la mort à celle des mobilités – ou, plus précisément, du discours des cimetières à celui du touriste –, la conception sémiotique du récit (c’est-à-dire l’hypothèse narrative qui fonde cette approche du fait culturel comme phénomène de communication) a profondément influencé l’itinéraire d’une recherche en butte au déchiffrement de langages aux signes hétérogènes et au projet corollaire de les penser ensemble. On précisera donc à cette occasion une acception actantielle du récit qui n’est pas concurrente mais complémentaire et englobante au regard de son acception linguistique.

 Pierre BONTE : Directeur de recherche émérite au CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale, Collège de France, Paris : Les récits migratoires dans la perspective des récits d’origine.

Un travail en cours sur un corpus de « récits d’origine » recueillis dans l’Ouest-saharien nous a amené à revenir sur les questions théoriques et méthodologiques soulevées par l’étude de ces textes dont la diversité de la terminologie qui les désigne (traditions, gestes, sagas, épopées, mythes, etc.) souligne les difficultés à les classer et les interpréter. Quelques exemples permettront de juger de l’efficacité d’une méthode d’analyse inspirée de l’analyse structurale des mythes chez Claude Lévi-Strauss tout en reconnaissant à ces textes un régime d’historicité. Une partie de ces récits de fondation illustre le thème migratoire dont on présentera quelques variations.  

Frédéric FRANCOIS  : Professeur honoraire Université Paris Descartes : Quelques remarques sur la distance de l'interprète.

On essaye tout d'abord de préciser la métaphore spatiale et temporelle de la "distance" à l'égard des autres et de leurs récits, en proposant qu'un certain mode de distance ne s'oppose pas à la possibilité de comprendre l'autre, ce qu'il ressent, sa façon d'être, son style. Ceci contre l'idée fausse, à mon sens, de ce que serait l'empathie et/ou l'identification à l'autre comme condition de la compréhension. "Interpréter" serait ce que nous faisons lorsque les modes de la compréhension quotidienne ne peuvent aboutir : tenter de reconstituer l'arrière-fond qui rend compréhensible ce qui nous reste différent.  En se limitant ici à l'interprétation interne à un texte (récit de vie par exemple), on s'interrogera sur la "proximité- distance" seconde rendue possible par la modification de ce qui a été vécu caractéristique de la "secondarité" forcée du récit.

Pierre SOUBIAS, Université de Toulouse-le Mirail, laboratoire LLA : Migration et récit chez Ahmadou Kourouma

Cet exposé se propose de montrer comment certains récits de fiction, même s’ils ne retracent pas de façon réaliste les parcours de migrants, peuvent aider à lire et à mettre en perspective les récits de la migration. Nous nous appuierons pour cela sur deux romans de l’Ivoirien Ahmadou Kourouma, Les Soleils des Indépendances et Allah n’est pas obligé. Nous rappellerons, à propos de chaque texte, de quelles migrations réelles et historiques il se fait l’écho. Puis, dans une optique plus narratologique, nous examinerons comment la narration s’articule au statut de migrant du narrateur ou du personnage principal. Enfin, nous tenterons de voir quel imaginaire de la migration se déploie dans ces romans, depuis les souvenirs pré-coloniaux à coloration épique jusqu’aux expériences plus tragiques de la dépendance économique, de l’errance guerrière et de l’arbitraire des frontières.

Alioune SOW,  University of Florida, USA : Poétique de la mobilité

Dans cette intervention, nous tenterons d’examiner les rapports de la mobilité au fait littéraire, en mettant en relation la prolifération et la diversité des récits de migration et la profonde modification du champ littéraire au Mali. Dans un premier temps, nous verrons de quelle manière les types narratifs, formes et genres, ainsi que les nouvelles dynamiques littéraires, intentions, motivations et vocations des textes, rendent la définition et l’examen du récit de migration de plus en plus complexes. Dans un second temps, à partir des travaux de Urbain, Bourdieu, Barber et Gikandi, tout en focalisant sur les notions d’entextualisation, d’interpretabilité et de réflexivité, nous tenterons de proposer une anthropologie des récits de la migration pour mettre en évidence, dans le cas du Mali, les enjeux de ces récits pour la structure du champ littéraire ainsi que les nouveaux régimes d’écriture que la migration engendre.

Emilia Beinchet et William Gaye : Aller/retour : Une exposition  itinérante et participative

En Occident, les images diffusées des zones les moins développées du monde donne trop souvent une image misérabiliste des réalités locales. A l’inverse, l’image donnée de l’Occident semble bien souvent idéale et par cela même attirante. Autour de cette dualité le projet Aller/retour est né d’un questionnement sur cet « Eldorado » et  plus particulièrement comme le Sud et le Nord, ensemble, participent à la construction de ces mythologies.

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dernière modification
27 février 2017 15h58