Archives | Programmes du séminaire de Narratologie du CRAL (EHESS/CNRS) dès sa création en 2003

Narratologies Contemporaines III : Nouveaux usages sociaux des récits : Année universitaire 2009/2010

Mardi 03 novembre 2009 : Philippe Roussin (CRAL – EHESS/CNRS) : Nouveaux usages sociaux des récits

Résumé :

Depuis une trentaine d’années, l’étude du récit s’est progressivement détournée des perspectives sémiotiques ou narratologiques centrées sur les textes littéraires pour s’attacher aux analyses de récits liés à des produits culturels mais aussi à la théorie de la communication, à la pédagogie, à la sociologie, à la cognition, à la thérapie, à la mémoire, au droit, à la politique, à l’acquisition du langage ou à l’intelligence artificielle (cf. M. Kreiswirth, «Merely Telling Stories? Narrative and Knowledge in the Human Sciences», Poetics Today, 21.2, 2000 pp. 293-318). Qu’on la qualifie ou non de post-classique, il faut relever que cette nouvelle narratologie étudie le récit non seulement comme un mode artistique mais aussi et peut-être bien plus comme un mode de pensée. Par ailleurs, il est devenu évident que la question du récit n’est plus seulement celle de son faire comme le pensait le formalisme ou le structuralisme mais aussi celle de sa place et de ses usages.

La place aujourd’hui prise par le développement de nouveaux usages du récit oblige à élargir le champ d’étude de l’objet par rapport à celui que pouvait délimiter la théorie narratologique classique. La question des rapports entre les usages, les pratiques et les théories disponibles se pose alors sous la forme d’une inadéquation ou d’un décalage possible entre les usages contemporains et les théories du récit. La prise en compte de ces usages a également des effets de feedback sur la manière de concevoir les récits. On a pris pour exemple le débat qui a récemment opposé, dans la revue Narrative, D. Rudrum et M.-L. Ryan, le premier soutenant qu’au vu de la grande diversité de ses usages, il n’était pas possible de continuer, à la suite de la narratologie, à définir le récit comme une représentation d’actions et d’événements, de privilégier la signification, et qu’il n’existait pas de frontières permettant de délimiter avec certitude ce qui est un récit et ce qui ne l’est pas, tandis que dans sa réponse, M.-L. Ryan réfutait l’hypothèse qu’il faille prendre en compte la multiplicité des usages et des pratiques narratives pour parvenir à une définition cohérente du récit et, s’agissant de la définition du récit, continuait à défendre le primat de la sémantique sur la pragmatique. 

Abstract :

Over the past thirty years, the study of narrative has turned progressively away from semiotic and narratological concerns centered around literary texts in an endeavor to analyze narratives in relation to cultural products, but also in relation to the theory of communication, pedagogy, sociology, cognition, therapy, memory, the law, politics, the acquisition of language and artificial intelligence (cf. M. Kreiswirth, “Merely Telling Stories? Narrative and Knowledge in the Human Sciences,” Poetics Today, 21.2, 2000 pp. 293-318). Whether or not this is characterized as postclassical, it must be noted that this new narratology studies narrative not only as an artistic mode but also, and perhaps even more so, as a mode of thought. Furthermore, it has become obvious that the question of narrative is no longer merely one of what it does, as maintained by the formalists and the structuralists, but also one of its place and uses.

The place currently occupied by the development of new uses of narrative forces us to broaden the scope of study of the object beyond that staked out by classical narrative theory. The question of the relations between the uses, practices and available theories is raised in the form of an insufficiency or possible gap between contemporary uses and theories of narrative. Taking these uses into account also produces feedback effects on how narratives are to be conceived. This can be seen, for example, in the recent debate between D. Rudrum and M.-L. Ryan (in the review Narrative). Rudrum maintains that given the great diversity of uses of narrative, it is no longer possible to continue, as is the practice of narratology, to define narrative as a representation of actions and events and to focus on meaning; there exist no borders making it possible to single out what is and what is not a narrative. In her reply, Ryan refuted the hypothesis that the multitude of uses and narrative practices must be taken into account in order to reach a coherent definition of narrative. Regarding the definition of narrative, she continues to defend the primacy of semantics over pragmatics.

Pour citer ce document

, «Mardi 03 novembre 2009 : Philippe Roussin (CRAL – EHESS/CNRS) : Nouveaux usages sociaux des récits», narratologie [En ligne], Archives, Programmes du séminaire de Narratologie du CRAL (EHESS/CNRS) dès sa création en 2003, Narratologies Contemporaines III : Nouveaux usages sociaux des récits : Année universitaire 2009/2010, mis à jour le : 06/10/2010
, URL : http://narratologie.ehess.fr/index.php?193.
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27 février 2017 15h58