Actualités narratologiques |

Actualités narratologiques 2009

Nous n'avons jamais été humains : La nature humaine au prisme de la science-fiction et de l’anthropologie (publié le 30 mars 2009)

Journée d’étude Science-fiction Organisateurs : Serge Gruzinski et Marika Moisseeff

Musée du quai Branly

Théâtre Claude Lévi-Strauss 37, quai Branly ou 218, rue de l’Université

75007 Paris, Métro : Alma-Marceau (ligne 9) RER C : Pont de l’Alma

www.quaibranly.fr

7 mai 2009 - 9h30 à 21h00

Dans le cadre de l’exposition Planète métisse, Serge Gruzinski, qui en est le commissaire, et Marika Moisseeff, un des auteurs du catalogue de cette exposition, organisent une journée d’étude sur la notion d’identité humaine et les questions connexes d’anthropomorphisation du non humain et d’animalisation de l’humain. Seront, notamment, explorées les conséquences de l’alliance entre science et technologie sur les représentations occidentales contemporaines de la nature humaine à partir desquelles les Occidentaux tendent à se définir en tant que groupe culturel particularisé en regard d’autres cultures telles que, par exemple, celles qu’ils inclinent à désigner sous l’appellation « peuples premiers ».  Ces représentations de la nature humaine s'adossent aux théories de l'évolution et de la néoténie : les espèces se succèdent et s’engendrent dans une dissimilitude orientée ; mais l’homme aurait cette particularité de naître avant terme, conservant des potentialités qui l'auraient conduit à développer des techniques avec lesquelles il est devenu apte à se transformer lui-même. Dans cette perspective, l’humain renvoie à une espèce inachevée dont le devenir a partie liée avec la technologie. Ainsi, plus la science s'évertue à spécifier ce qu'il en est de la nature humaine, plus elle tend à la rattacher à la fois au préhumain et au posthumain. Tout s'est donc passé comme si au moment où le développement de la science, au XIXe siècle, avait offert à l'homme occidental le moyen de définir sa nature propre indépendamment de sa relation à Dieu, il s'était vu de plus en plus contraint à la concevoir comme fondamentalement hybride : animale et humaine et/ou naturelle et  artificielle. Le socle de ce renouvellement de la définition occidentale de l'humanité est une hiérarchisation, non seulement des espèces, mais également des « peuples » ou « civilisations », les orientations sexuelles et les modes de reproduction étant appréhendés comme plus ou moins évolués en fonction de leur degré de recours à la science et à ses émanations technologiques.

La redéfinition des frontières entre les humains et les non humains, animaux et machines, permet d’envisager la possibilité pour l’homme de créer des doubles de lui-même tels que chimères, clones, robots et cyborgs.  Et les auteurs de science-fiction, en donnant corps et en mettant en scène les hybrides nés de l’imaginaire scientifique, nous incitent à regarder ce qu'ils reflètent de la conception occidentale de l’humanité et à réfléchir sur la teneur idéologique qu’elle véhicule. De ce point de vue, il faut considérer les œuvres de science-fiction comme des productions mythologiques. En tant que telles, elles donnent un accès privilégié à la cosmologie occidentale contemporaine et au système de valeurs censé expliciter la hiérarchisation des êtres et des groupes culturels. Dans les œuvres de science-fiction, les auteurs jouent sur ces différentes dichotomies telles qu'elles tendent à être articulées dans l'idéologie occidentale. Les problèmes interculturels y sont entrecroisés avec ceux liés à la différence des sexes, de même que l'hybridité humain/animal, humain/machine permet d'aborder de façon innovante la question des minorités sexuelles.

  • 9h30 Accueil du public (accès libre) Théâtre Claude Lévi-Strauss

  • 10h00 Serge Gruzinski - CNRS, Introduction

EHESS
CNRS

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27 février 2017 15h58